Monday, October 26, 2015

Littérature et Musique - Sinhabahu une production musico-théâtrale de Sri Lanka

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Introduction  

Le rapport entre la littérature et la musique change selon la société et l'époque. 
Si nous parlons d'une littérature et d'une musique occidentales avec leur racines grecques et leur évolution à travers les différentes périodes artistiques sous la dénomination d' «isme » tels que classicisme, romantisme, symbolisme, modernisme, postmodernisme et aussi sous les divers genres de la musique moderne tels que Jazz, Rock, Pop ; nous remarquons une catégorisation dans le domaine artistique qui a amené la séparation de l'art en deux domaines différents. 

Une fois que la frontière artificielle est établie et que chacun exagère ses valeurs individuelles et « pures », son existence différente, nous ignorons volontairement l'influence inévitable de l'un sur l'autre. 

Donc, c'est d'une perspective comparative que nous justifions le « ET » entre la littérature et la musique et examinons l’interaction de ces deux sémiotiques en nous appuyant sur la définition suivante de la littérature comparée : 

"La littérature comparée est l’art méthodique, par la recherche de lien d’analogie, de parenté et d’influence, de rapprocher la littérature d’autres domaines de l’expression ou de la connaissance."1 

Après avoir bien insisté sur le fondement de la justification d'une recherche inter-sémiotique, nous allons limiter notre recherche à un domaine peu abordé, celui du rapport entre la littérature et la musique orientale en fonction d'un pays. 

Il est évident que l'hégémonie d'un art occidentalisé efface  l'importance d'une littérature et d'une musique orientale. L'influence de l'art occidental nous a fait oublier que les arts ont existé ensemble au début dans les sociétés bien avant la conception de l'art dans les études philosophiques et qu' il existe des littératures et des musiques minoritaires enrichissantes qui fonctionnent en dehors des normes établies par la critique moderne. 

C'est pour cette raison qu'on a choisi le Sri Lanka, qui possède un Art enrichissant basé sur la langue Pali 2 , Sanskrit 3 et Cinghalais 4 avec une influence coloniale puissante des Portugais, Hollandais, Anglais et aussi de son voisin, l'Inde. 

Donc, dans le cadre de cette recherche, nous envisageons d'examiner le rapport entre la littérature sri lankaise et la musique sri lankaise en nous limitant à une histoire tirée d'un poème épique sur l'origine des Sri Lankais et à une production musico-théâtrale inspirée de cette histoire. 

Ce texte s'intitule Mahavansa, il est écrit en langue Pali par un moine bouddhiste Mahathera Mahanama au VI ième siècle raconte l'histoire chronologique du Sri Lanka d'une façon fictive et littéraire. Sinhabahu est un théâtre musicale écrit par le prof. Ediriweera Sarachchandra, dramaturge sri lankais, inspiré par une légende dans ce texte. Le succès de cette pièce fut énorme et qu'elle est considéré comme un moment décisif dans le théâtre sri lankais. 

Nous allons examiner dans quelle mesure le dramaturge a recréé ce mythe en théâtre musical afin de justifier une analogie entre l'art écrit et l'art sonore. 

Est-ce qu'une légende peut être la matière première d'un théâtre musical ? 

Comment une œuvre littéraire est-elle adaptée aux exigences de la représentation scénique ? 

Comment la musique s'unit-elle avec la littérature ? 

Pour ce faire, nous allons rechercher brièvement dans un premier temps la légende de l'origine des Sri Lankais et l'importance de l'œuvre et ainsi que le style et la forme de théâtre au Sri Lanka tout en soulignant l'aspect musical et la création artistique de Sarachchandra avant d'analyser dans un deuxième temps, les thèmes abordés par le dramaturge dans cette pièce de théâtre et comment il a utilisé les instruments musicaux et les chants folkloriques pour créer une œuvre artistique originale afin d'évaluer dans un dernier temps cette union de la littérature à la musique. 


Qu'est-ce que c'est Mahawansa ? 

Mahawansa , comme sa traduction anglaise par Wilhelm Geiger l'indique c'est le « Great Chronical » du Sri Lanka pour sa narration détaillée sur l'histoire du pays. C'est une poésie à la fois classique et épique. 

Il est écrit par le Moine Mahanama Mahathera sous le règne de Roi Dathusena au VI ème siècle pendant son projet de conserver le Bouddhisme Theravada. 


En plus de sa valeur historique concernant la lignée des rois, les références de la vie de Siddartha Gauthama, le fondateur de Bouddhisme Théravada en Asie, le texte est apprécié pour avoir raconté la vie des gens ordinaires et les évolutions de leurs valeurs tout en soulignant la signifiance du Bouddhisme sur leur vies. 

La narration de Mahawansa est en langue Pali, comme la plupart des prières bouddhistes. Elle peut être chantée ou racontée aux gens et la répétitions des phrases et des idées facilitent la mémorisation de ces histoires. La grandeur et le succès du livre ont donné naissance à d'autres chroniques telles que Deepawamsa, Kulawamsa et les histoires en faisant du Sri Lanka comme le centre principal de la littérature Pali en Asie. 

Le VIIème Chapitre de Mahavansa raconte l'arrivée de Prince Vijaya de l'Inde qui deviendra le premier roi au Sri Lanka et la légende de sa famille ce qui nous intéresse dans notre recherche. La Légende de Sinhabahu L'histoire mythologique de Sinhabahu décrit l'origine de la nation cinghalaise terme qui signifie la nation du Lion. 

Selon la mythologie, la princesse du royaume Vanga en Inde qui s’appelait Suppadevi quitta son château en espérant sa liberté individuelle et voyagea dans les différentes régions dans une caverne avec les paysans. 

Un jour la caverne est attaquée par un Lion féroce dans la forêt , et la princesse est enlevée par le lion qui l'emprisonna dans une cave en pleine forêt. Elle tomba enceinte du Lion et eut des jumeaux . Le fils fut nommé Sinhabahu ce qui signifie L'homme avec les bras de lion et la fille fut appelleé Sinha Seevali. Le lion les garda dans une grotte et utilisa un grand rocher pour couvrir l'entrée. 

A l'âge de seize ans Sinhabahu, curieux de son père animal et furieux de son destin cruel enleva le mégalithe et s'enfuit avec sa mère et la sœur . Ils allèrent au royaume de Lala échapper au lion . Quand le lion a trouvé que la famille s'était échappé , il devint furieux et attaqua des villages en quête de la princesse et de deux enfants . Les villageois désespérés ont plaidé le Roi pour les sauver du lion féroce . Le roi du royaume Lala demanda Sinhabhu d'arrêter la menace causée par le lion . 

Jeune Sinhabahu alla à la recherche du lion et le tua d'une flèche mortelle . Les gens louèrent Sinhabahu de les avoir sauvés de la bête et le récompensèrent comme un héros . Prince Sinhabahu construit une ville appelée Sinhapura et épousa sa sœur Sinha Seevali . Ils eurent un fils nommé Vijaya . Selon Mahawansa le prince Vijaya est le premier roi enregistrée du Sri Lanka à partir de 543 avant JC à 505. 

Le mythe de Sinhabahu a une signification culturelle, psychologique, historique et il décrit aussi les tabous sociaux : tels que le parricide et l'inceste. Cette histoire a donné naissance à plusieurs œuvres artistiques telles que les chansons, le cinéma et les nouvelles. Au Sri Lanka, elle est souvent citée comme l'origine de la race Cinghalaise même si la fiabilité de l'histoire et l'union d'un lion et d'une princesse est toujours en question. Il nous semble intéressant d’examiner comment cette histoire majestueuse et royale a été recréé dans le théâtre, tout en introduisant un nouveau genre théâtral grâce à Ediriweera Sarachchandra. 



Ediriwerra Sarathchandra et l'aperçu sur le théâtre sri lankais 


Il était à la fois dramaturge, romancier, professeur de l'université et critique littéraire, né en 1914 , quand le Sri Lanka était encore sous la colonisation anglaise et sa carrière littéraire devint à juste titre un succès après l’indépendance en 1948. 

Il était ouvert aux théâtres occidentaux comme il était le pionnier à adapter les pièces de théâtre de Molière ( Le Bourgeois Gentilhomme adapté sous le titre Mudalige Peraliya en 1943 , Le malade Imaginaire adapté sous le titre Veda Hatana en 1953) , Anton Chekov ( The proposal adapté sous le titre Mangul Prasthawa en 1951 , The Bear adapté sous le titre Walaha en 1951 et Oscar Wilde The importance of being Earnest adapté comme Hangi Hora en 1949).5 

Même si ces pièces de théâtre ont eu un succès considérable dans le paysage littéraire sri lankais, Il commence à interroger l'identité sri lankaise. Selon lui, les pièces occidentales "never got to the root of our people." 

Donc, il a commencé ses recherches universitaires dans les villages sur les formes théâtrales afin d’identifier un théâtre indigène ce qui a donné naissance au théâtre musical au Sri Lanka, au genre particulier. 

Si nous jetons un coup d’œil sur le fondement du théâtre sri lankais, nous nous apercevons qu'il n'as pas eu un succès considérable si on compare à la littérature, la peinture et la sculpture. Selon une recherche menée par Dr. Ranjani Obeysekara elle, décrit ainsi : Jusqu' au XIX ième siècle, le théâtre traditionnel au Sri Lanka existait sous la forme de représentations rituelles et de théâtre populaire. 

Il n'y avait pas de tradition sophistiquée comme en Inde. E.R. Sarachchandra attribue l'absence d'un système sophistiqué dans le théatre traditionel à l'influence du bouddhisme Theravada qui, «a une tendance vers contemplation plus solitaire et philosophique contre une participation à la vie communautaire» (1966 [1952]: 7-8). Ainsi, alors qu'il a permis la croissance de la poésie et de la peinture, décrit par Sarachchandra comme «les arts solitaires," il fronça les sourcils sur les arts communautaires.6 

Pourtant, le théâtre folklorique a existé sous trois formes : Sokari , imitation des personnages drôles suivie par les poésies chantées, Kolam , théâtre satirique avec les masques colorés, et Nadagam, un genre plus sophistiqué accompagné par les instruments musicaux et comportant une histoire construite. Après une recherche approfondie sur ce théâtre folklorique, Sarachchandra créa un nouveau genre théâtral avec les mélodies tirées de Nadagam et des histoires tirées d'histoires Classiques telles que dans Mahawansa et aussi les histoires Jathaka racontant les différentes vie de Bouddha. 

La pièce de théâtre Sinhabahu 

Après avoir examiné l'origine de cette pièce de théâtre, nous allons observer de près comment le dramaturge a reformulé la célèbre légende avec son genre théâtral inspiré du style Nadagam et aussi les thèmes qu'il a voulu souligner dans la pièce. 

Dans un premier temps, le thème de Sinhabahu est sur l'amour - entre hommes et femmes, parents et enfants, frères et sœurs . Nous avons dans le mythe des relations œdipiennes entre la mère et le fils, le père et la fille qui finissent avec le parricide et aussi l'amour entre les frères et les sœurs qui se développe vers une union incestueuse . 


L'amour, faire l'amour sont des sujets très pudiques dans la société sri lankaise à cause de tabous sociaux. 

Donc, le dramaturge a utilisé une langue subtile et ironique pour raconter l'histoire et son but n'était pas du tout de questionner les valeurs morales de ces personnages mais de donner une nouvelle lecture à la légende. 

D'autre part dans le mythe sur lequel est basée la pièce de théâtre le mâle n'est pas humain, mais un lion . Son habitat , la forêt , signifie le contraire de la société ordonnée et de la vie civilisée. 
Son amour est sauvage avec beaucoup d'intensité même s'il a des qualités douces, telles que protéger sa femme et les deux enfants, la qualité naturelle d'un homme qui évoque le rôle du chasseur qui apporte la nourriture à sa femme. 

Donc, le dramaturge a tiré cet aspect de Lion pour créer une atmosphère sauvage. Par ailleurs, la princesse représente la femme universelle toujours en quête de l'amour. Elle ose briser l'autorité parentale et les normes sociales afin d'être heureuse et libre. 

La relation entre le lion et la princesse peut aussi être considéré comme une variante du thème familier à travers les cultures ; le désir d'une femme aristocratique pour un homme non - conformiste , puissant , comme un bandit ce qui incarne le désir de vivre dans un univers hors des normes établies. 

Un autre enjeu utilisé par Sarachchandra est de donner une interprétation bouddhiste au mythe . Le sentiment de l'amour brut et sauvage dans le mythe est romantique et spirituel dans la pièce se transforme en un amour pur. 

Une autre idée qui traverse cette œuvre est basée sur l'idée de renoncement, dans la célèbre prière bouddhiste : Pemato Jayati Soko ce qui veut dire l'Amour donne la naissance à la souffrance. 
L'amour signifie ici l'attachement, l'amour pour les personnes, les choses, les sentiments. 

Ainsi, la stratégie globale de la pièce est de construire illusion de l'amour dans un premier temps et démonter l'édifice de l'amour de façon spectaculaire ce qui rappelle inévitablement et la fragilité de tout sentiment et tout matérialisme. 
Cela produit le pathos et ce qu'on pourrait appeler la catharsis dans la pièce . 

Il est défini en termes de désistement ; la princesse abandonne le luxe , ses parures , ses bijoux pour vivre dans une vie modeste, le lion doit souffrir le perte de sa famille, le fils doit renoncer son amour pour le père etc. 

Après avoir examiné les thèmes principaux de la pièce, il nous semble important de regarder les techniques littéraires et musicales utilisées pour donner l' univers musical à cette pièce.

Comme Sarachchandra voulait créer une œuvre authentique basée sur l 'essence sri lankaise on trouve une langue, une musique et un chant qui nous ramènent aux racines culturelles.

Nous apercevons trois chemins utilisés pour atteindre l' objectif artistique du dramaturge .

Premièrement on remarque que les paroles de la pièce relèvent de la poésie lyrique

Les personnages ne parlent pas mais, ils chantent ce qui nous rappelle l'Opéra Classique. La langue de Sinhabahu est la meilleure depuis l'époque de la Guttila , Kavyasekhara et les poèmes Sandesa ( Grandes œuvres littéraires de la poésie classique cinghalaise avec les rimes organisées) bien que ces œuvres classiques soient exclusivement poétiques.

 Kawanniya, Powanniya, Maa gene Biya wanniya Wanaye Dukak wida assaniya, soyannaiya // Aeth Gosinya, Aeth Gosinya Ei Sudu Duwaniye obawath nositiye//7  
          කවන්නිය පොවන්නිය මා ගැන බිය වන්නිය
          වනයේ දුකක් විද අසන්නිය සොයන්නිය
           කවන්නිය පොවන්නිය මා ගැන බිය වන්නිය
           වනයේ දුකක් විද අසන්නිය සොයන්නිය



Les mots cinghalais sont tellement musicaux parce qu'il sont pleins de voyelles . 

Cet aspect sonore est bien envisagé par le dramaturge pour mettre en lumière l'amour du Lion pour sa famille. 
Le lion exprime sa tristesse face à la perte de sa famille et ses paroles touchent profondément les spectateurs. 

La personnification du Lion suggère que l'amour , l'émotion  peuvent être sentis par tout le monde. Dans Mahawansa, ce n'est qu'une phrase qui exprime la disparition de la famille, mais dans la pièce , c'est un événement décisif. 

De plus, le dramaturge emploie une langue familière en Cinghalais ce qui se différencie des pièces de théâtres classiques qui existaient en une langue classique cinghalaise. 

Cet aspect est aussi important pour la réussite de sa pièce car il adressait cette pièce à la nouvelle classe sociale du Sri Lanka juste après l’indépendance. 

S'il avait gardé la langue telle qu'on trouve dans Mahawansa et aussi langue standard, il ne serait pas parvenu à transmettre ses émotions aux gens ordinaires. 

Pour créer l'intensité de paroles, on y remarque les sons B, G, D utilisés dans la célèbre chanson dans Sinhabahu: 


Gal lena Bindala, Len Dona Herala , Gosin Sema dena, Ne the kisiwak Mama dena gathi, mama seka kalami, Sinha Baa, Sinha Baa //8 

ගල්ලෙන බිදලා ලෙන්දොර ඇරලා     ගොසින් සැමදෙන නැතේ කිසිවෙක
          මම දැන ගතිමි මම සැක කලෙමි          සිංහබා සිංහබා සිංහබා


Le lion se met en colère en trouvant sa cave vide, il exprime cette colère d'une manière féroce. Il se doute que son fils Sinha Bahu a commis un tel acte. 

Le dramaturge a utilisé les consonnes efficacement pour créer cette atmosphère. Le lion bouge partout sur la scène en exprimant sa colère. 

Cette colère est chantée avec une voix forte tout en soulignant les consonnes. Ainsi, nous avons observé la lucidité et la subtilité des paroles , la forme grammaticale , le registre de la langue créant ensemble une pièce  réussie, ainsi qu'une conversion efficace d'une littérature vers une pièce de théâtre musicale. 

La deuxième technique se compose de mélodies empruntées au style Nadagam qui existaient dans les spectacles folkloriques. L'Orchestre Cinghalais classique se compose de cinq catégories d'instruments. Mais, le tambour, est le roi des instruments de percussions locales et sans lui , il n'y aurait pas de danse. Le rythme dynamique des tambours forme la base de la danse. Cela peut sembler de simples battements , mais il faut beaucoup de temps pour maîtriser les rythmes et les variations complexes jusqu'à un crescendo d'intensité. 

L'entrée du Lion est renforcée et sa puissance brute est efficacement évoquée par l'utilisation de trois tambours , la plupart Davula , Podi Davula et la Maddalaya ainsi que par des Cymbales . Le Lion entre donc d'une manière plus crédible et plus digne de son puissant visage textuelle . 

Maddalaya , est uilisé pour indiquer l'entrée de tous les acteurs .  


La troisième technique consiste en l'utilisation des mouvements de la danse et du mime et la chorégraphie . Sarachchandra était ouvert aux influences de partout , à l'est ou à l'ouest ce qui permettrait d'enrichir son travail . 

Nous ne serions pas surpris de constater qu'il était intéressé par les éléments de la tragédie grecque qu'il a utilisé pour la première fois dans ses révisions à sa production originale de Sinhabahu . 

Par exemple , il a fait le chœur et les acteurs entrent de différentes positions sur la scène . En outre, dans sa production originale , Sarachchandra limitant le chœur assis sur un côté de la scène, dans le style Nadagam. 

Non content de cela, il a ensuite placé le chœur dans le dos , face au public directement plutôt que sous un angle . 
En outre, au lieu de choristes hommes et femmes faisant une entrée ensemble , il a fait entrer les hommes entrent d'un côté et les femmes de l'autre . 

De plus ,au lieu de faire le chœur à l'unisson tout le temps , il a considéré qu'il était plus efficace parfois de distinguer une seule voix . 

Par exemple , au cours du combat du père et le fils , il a fait une seule voix féminine principal chanter la chanson , s'écartant de ses deux premières productions. 


Conclusion 

Nous avons d'abord recherché brièvement la légende de l'origine des Sri Lankais et ainsi que l'importance de l'œuvre Mahawansa et aussi le style et la forme de théâtre au Sri Lanka tout en soulignant l'aspect musical et la création artistique de Sarachchandra. 

Nous y avons trouvé qu'il était influencé par les mouvements artistiques occidentaux avant de commencer son propre style unique basé sur les arts folkloriques. 

Dans un deuxième temps, nous avons analysé les thèmes abordés par le dramaturge dans la pièce de théâtre Sinhabahu et qu'il a préféré souligner les thèmes de l'amour et les liens familiaux de sang et la complexité des psychologies humaines au lieu de créer une pièce de théâtre patriotique, qu'il aurait du facilement faire directement tiré du texte légendaire.

Troisièmement , nous avons remarqué comment il a utilisé les instruments musicaux orientaux efficacement et les chants folkloriques pour créer une œuvre artistique originale. 

En conclusion, nous avons examiné dans quelle mesure un dramaturge a recréé un mythe en théâtre musical. 
Pour répondre à la question si une légende littéraire est la matière première d'un théâtre musical, nous avons observé que la créativité du dramaturge a joué un rôle principal d'un tel acte de conversion. 

Alors que la littérature est déjà une production créative, il fallait nécessairement créer un travail originale dans la acte de conversion ce qui prouve que les deux arts fonctionnent séparément . 

Une œuvre littéraire doit ainsi adaptée aux exigences de la représentation scénique. La musicalité des paroles, les instruments musicaux utilisés jouent un rôle majeure dans sa réussite. 
En précisant avec le contexte Sri Lankais, nous découvrons une œuvre dont la réussite est attestée par la réception très favorable qui lui fit le publique Sri Lankais. 

Pourtant, une éventuelle universalisation de cette pièce représenterait un travail complexe car une traduction de la culture, de la langue et de la musique sri lankaise vers un autre publique étranger serait un grand défi et détruirait peut être l'harmonie présente dans cette œuvre entre la musique et la littérature. 

Par Jahooli Devi



1 PAGEAUX, Daniel-Henri, La littérature générale et comparée, Paris, Armand Colin,1994, p.12.

2 Pali appertant à la famille linguistique Prakrit est une langue morte est considéré comme le fondement du Bouddhisme Théravada. Cette langue est encore enseigné dans les temples bouddhistes au Sri Lanka. 
3 Sanskrit est une langue indo-européenne de la famille indo-aryanne a directement influencé Pali et Cinghalais. 

4 Cinghalais est une langue du sous groupe l'indo- aryanne dans la famille linguistique indo-éuropééne bassé sur les mots Pali, Sanskrit et Tamoul, qui sont emprunté plus tard les langues occidentales.Il existe une diglossie linguistique ce qui différencie la langue littéraire de la langue parlé. 

5 Disponible sur < http://www.ediriweerasarachchandrafoundation.org/drama.php > (consulté en avril 2014). 

6 OBEYESEKERE, Ranjini, « The Sinhala Theatre of Sri Lanka: A Form of Political Discourse », Vol. 36, No. 2 Summer, 1992, pp. 126-137, disponible sur ( consulté en février 2014).

7 EDIRIWEERA, Sarachchandra,Sinhabahu Natakaya ,Maharahama, Saman Press, 1962.

8 Ibid.



Bibliographie:

CALVIN S.,Brown,The Relations between Music and Literature as a Field of Study, Comparative Literature, Vol. 22, No. 2, Duke University Press, Special Number on Music and Literature (Spring, 1970), pp. 97-107. disponible sur ( consulté en février 2014). 

EDIRIWEERA, Sarachchandra, WEERAMUNI, Namel,Ediriweera Sarachchandra's Sinhabahu: English Version and a Pre-production Image, Colombo, Sarasavi Publishers, 1999. 

EDIRIWEERA, Sarachchandra, DE SILVA, Lakshmi,Sinhabahu, Colombo, Godage, 1992.

EDIRIWEERA, Sarachchandra, Sinhabahu Natakaya, Maharahama, Saman Press, 1962. 

GEIGER, Wilhelm, BODE, Mabel Haynes (transl.); FROWDE, H. (ed.): The Mahavamsa or, The great chronicle of Ceylon, London, Pali Text Society, 1912, disponible sur ( consulté en février 2014). 

LOCATELLI, Aude, Littérature et musique au XXe siècle, Paris, P.U.F. « Que sais-je ? », 2001, 128 pages, disponible sur ( consulté en février 2014). 

OBEYESEKERE, Ranjini, « The Sinhala Theatre of Sri Lanka: A Form of Political Discourse », Vol. 36, No. 2 Summer, 1992, pp. 126-137, disponible sur ( consulté en février 2014). 

PAGEAUX, Daniel-Henri, La littérature générale et comparée, Paris, Armand Colin,1994, p.12. 

SARACHCHANDRA, Ediriweera, The Folk Drama of Ceylon. Colombo, Ministry of Cultural Affairs,1952. Sites web : La pièce de théâtre disponible sur ( consulté en février 2014). ( consulté en février 2014). Ediriweera Sarachchandra, disponible sur ( consulté en février 2014).

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